ROUTES ET PONTS : UNE SITUATION PRÉOCCUPANTE

Depuis l'effondrement du viaduc de Gênes en Italie, l'état des ouvrages d'art et des routes gérés par les collectivités interroge. D'autant que l'on connait mal ce patrimoine et que les dépenses d'entretien sont en baisse.
 

La catastrophe génoise, qui a fait 43 victimes, a brutalement braqué l'attention sur l'état des infrastructures en France. Un audit commandé par le ministère des Transports montre que 30 % des 12 000 ponts du réseau national non concédé nécessitent des réparations (7 % sont même menacés d'effondrement à terme), et qu'un pont n'est réparé en moyenne que vingt-deux ans après l'apparition des premières dégradations [1]. Peu rassurant. Et encore, cet audit ne concerne que 1,2 % du réseau routier français.


Une connaissance parcellaire

L'écrasante majorité du réseau (98 %), où s'effectue 66 % du trafic, est gérée par les collectivités locales : 377 000 km par les départements ; 673 000 km par les communes et les EPCI. Et il n'existe pas d'état des lieux national des infrastructures. Le recensement a commencé en 2016 sous l'égide de l'Observatoire national des routes (ONR), organisme piloté par l'Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité (IDRRIM). Pour l'heure, on estime à 240 000 (+ /- 10 000) le nombre de ponts, dont 140 000 sur le réseau départemental et 100 000 sur le réseau communal. Pour les routes également, la mire doit être ajustée. Sur la base des données transmises par les collectivités, la longueur du réseau routier est estimée à 1,09 million de km, un chiffre inférieur de 50 % (!) au calcul de plusieurs applications GPS.

La connaissance de l'état des infrastructures est également lacunaire. Dans son rapport publié fin 2017, la mission interministérielle sur les dépenses de voirie relève l'absence fréquente d'un diagnostic actualisé de l'état des routes [2]. Elle juge également « préoccupant » l'état...

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Janvier 2019
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