AUTOMOBILISTES : LA DOUBLE PEINE

Le projet de loi d'orientation des mobilités, auguré par le conflit autour des taxes sur le carburant, incite les territoires à s'impliquer dans les politiques de déplacements.

Le projet de loi d'orientation des mobilités a été présenté fin octobre pour une adoption initialement prévue au début de cette année. Mais si la future loi insiste sur la nécessité de déployer des modes de mobilité moins polluants, elle introduit aussi une discrimination insidieuse entre urbains, invités à utiliser les modes de déplacements propres à leur disposition, et ruraux, pénalisés pour leur recours à l'automobile, faute de transport alternatif. Après la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h, le renforcement du contrôle technique ou les radars embarqués privés, les habitants des zones périphériques, contraints d'utiliser leur véhicule pour leurs déplacements pendulaires domicile-travail, ont découvert, effarés, l'annonce de la hausse de la fiscalité sur les carburants et un durcissement du malus écologique au motif de lutter contre la pollution.
 

Le retour des barrières d'octroi de l'Ancien Régime

Le projet de loi prévoyait aussi la suppression des emplois de guichets aux péages traditionnels au profit de l'automatisation et même la mise en place de péages aux portes des métropoles, rappelant ainsi les barrières d'octroi de l'Ancien Régime supprimées lors de la Révolution. Mais, entre-temps, les « gilets jaunes », très majoritairement issus des territoires ruraux ou périphériques, ont donné un grand coup de klaxon au gouvernement en manifestant leur ras-le-bol fiscal et en réclamant le droit de se déplacer sans exclusion sociale. Du coup, les métropoles sont priées de ranger leurs projets de péages urbains autour des « Zones de faibles émissions », au moins jusqu'après les municipales. Ne reste guère que Paris pour poursuivre sa lutte contre la circulation automobile.

Une fracture territoriale
Les habitants de communes multi-polarisées ­effectuent en moyenne 40 km par jour pour leurs allers-retours domicile-travail, contre 26 pour les habitants des pôles urbains (source : INSEE, enquête nationale transports et déplacements 2008).
 

Les enjeux de la mobilité ne sont pas les mêmes partout

Car les enjeux de la mobilité ne sont bien évidemment pas les...

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Janvier 2019
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