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LES MOTS DE LA POLITIQUE

Les élus locaux se défendent d'avoir les mêmes travers que l'élite politique parisienne. Pourtant, ils utilisent un effet de style partagé par tous : la petite phrase.
 

Les discours des élus locaux sont eux aussi formatés : ils relèvent de la célébration de la proximité. Les maires veulent « parler aux gens ». Pour le politologue Christian Le Bart, « dans un contexte de crise politique, les discours portent cette proximité et renforcent la légitimité des élus locaux ». Si les « petites phrases » les plus connues sont celles d'hommes politiques nationaux, les élus locaux, pour exprimer leur différence – ou leur appartenance –, n'hésitent pas à assortir leurs discours de quelques perles à destination des journalistes.

Railler l'élite politique

La petite phrase se différencie du reste du discours à la fois par son intention et par son style, qu'il s'agisse d'une métaphore, d'une répétition volontaire, d'un parallélisme. En tout cas, bien qu'elle soit à l'initiative des élus, elle résulte en fait d'une coproduction avec les médias, car elle n'existe que si elle est reprise. La petite phrase se détache alors du discours lui-même et devient un événement qui s'ancre en propre dans la mémoire. En trouvant un terrain favorable dans la condamnation de l'élite politique nationale, la petite phrase peut exprimer à elle seule la condition d'élu local. Exemple ? « On a les mains dans le cambouis ! » C'est en effet une ritournelle que « depuis une vingtaine d'années, les élus répètent à l'envi », illustre Christian Le Bart, auteur d'un ouvrage sur les mots de la politique locale [1]. L'État et ses représentants font souvent les frais de petites phrases assassines. Fin septembre, François Barouin, président de l'Association des maires de France, dénonce le retour aux affaires locales des préfets : « Chassez le naturiste, il revient au bungalow ! » Succès assuré et reprise garantie dans les médias.

Phrase choc pour rapport frontal

Le même mois, lors de l'inauguration de sa foire, le maire de Castres (Tarn, 41 483 habitants), Pascal Bugis, défend l'aéroport de Castres-Mazamet et dénonce les restrictions financières imposées par...

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Décembre 2018
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