EDITORIAL
Carton rouge
Entre nous et ici, ne nous racontons pas dhistoires. Le problème actuel du football professionnel, ce nest pas seulement celui du libre accès de quelques journalistes de la presse écrite et des radios dans lenceinte des stades tenus par la Ligue du président Bourgoin.
Nous avons tous en mémoire des faits et des images. Récents et accablants. Des entraîneurs insultant des arbitres. Des joueurs aux muscles gonflés de créatine et qui sachètent à prix dor. Des hordes de fanatiques quun millier de CRS ne suffisent plus à maîtriser à chaque exhibition de leur équipe. Des dirigeants corrupteurs dictant leur loi
Il faut que cela cesse. Les valeurs du football - et de tous les sport - sont aux antipodes de cette version sponsorisée des jeux du cirque romain.
Or, tous les stades appartiennent aux communes. Ils ont coûtés cher, très cher, aux contribuables. Les maires des grandes villes, qui accueillent les équipes professionnelles de la Ligue, ont une responsabilité morale particulière et directe dans lusage qui est fait du patrimoine commun. Et le risque pénal quils encourent en y laissant pratiquer tant danti-jeu nest pas négligeable
Doivent-ils seulement signer une convention-type avec les clubs, comme le suggère lAssociation des maires de France ? Soyons sérieux : à ce degré de décomposition du système, il faut dabord quils sortent le carton rouge et quils expédient les tricheurs loin, très loin, de la touche. Dans lintérêt du football professionnel lui-même.
Les millions de sportifs, déducateurs bénévoles et délus locaux qui croient aux valeurs humanistes du sport leur diront merci.
Jean Bourdelle