Editorial
PLONGÉE EN EAUX TROUBLES
La publication de la liste des plages autorisées à arborer le Pavillon bleu dEurope a provoqué, cette année encore, de vives polémiques. De nombreux maires ont, une nouvelle fois, dénoncé le fait quune simple association, sans com-pétences scientifiques et techniques particulières, sarroge seule le droit de décider quels sont les bons et les mauvais élèves de la classe « environnement » des stations balnéaires.
Pour avoir découvert une plage de la Manche bordée de ruines de cabanons sur lesquelles flottait
fièrement le Pavillon bleu, je me demande encore comment trois ministères, les Agences de leau, le Conservatoire du littoral et lADEME peuvent être partenaires officiels dune pareille initiative !
Enquête faite, il savère en outre que lattribution de ce label nest pas une opération blanche. Les mai-res candidats doivent acquitter de substantiels frais de participation : de 381 à 762 E (2 500 à 5 000 F) selon la taille de leur commune, à joindre « au retour des dossiers ». Il leur est même précisé que
« les termes du règlement de ces frais seront formalisés par lenvoi dune facture ». Cest-à-dire, si nous avons tout compris, quil leur faut payer avant facturation, méthode qui semble peu orthodoxe !
Reconnaissons toutefois que ce Pavillon bleu occupe un vide : rien ne signale aux vacanciers les stations balnéaires respectueuses de lenvironnement. Ce que les maires concernés sont les premiers à déplorer.
Désormais, il convient de trouver un label crédible, offrant de vraies garanties, notamment sanitaires (1). Dans le domaine du tourisme, secteur économique de première importance, il est essentiel que les efforts accomplis par les élus soient validés par un organisme officiel compétent.
Le tout nouveau ministère de lEcologie aurait légitimité à sen charger, avec lappui des structures techniques et scientifiques placées sous sa tutelle (2).
Qui comprendrait quil laisse, une année de plus, cette mission à quelquun dautre que lui-même ?
Jean Bourdelle
(1) Ce que nassure pas le Pavillon bleu, décerné pour lannée en cours sur la base des analyses de lannée antérieure
(2) Les Agences de leau et lADEME, en relation avec les services du ministère de la Santé, ont les moyens humains, techniques et financiers de procéder aux analyses et expertises.