Editorial
DÉCHETS ULTIMES ?
Les décharges dordures ménagères brutes ont donc survécu au 1er juillet 2002. Cela na surpris aucun élu, tant il était évident, depuis au moins cinq ans, que les délais fixés par la loi du 13 juillet 1992 ne seraient pas tenus.
Il faut dire que, en dix ans, les législateurs successifs avaient passablement embrouillé le dossier. Dès le départ, laffaire nétait pas simple, puisque les conseils généraux devaient établir des plans départementaux simposant aux SIVOM et aux SIVU. Mais tout devint encore plus compliqué lorsquapparurent les communautés de communes à fiscalité propre. Et cela fut carrément inextricable quand les préfets furent sommés de faire respecter des circulaires incohérentes, des normes sans cesse révisées et les surenchères des directives européennes écrites par des lobbies
Sagement, Roselyne Bachelot a donc décidé de se donner quelques mois de réflexion avant de décider des actions à conduire pour trier et traiter les déchets ultimes du dossier « ordures ménagères ».
Fermer les antiques décharges et les vieux incinérateurs, recycler uniquement ce qui mérite de lêtre, construire des usines de valorisation modernes, prévoir des centres denfouissement technique en nombre suffisant, éviter les transports inutiles
Les solutions sont connues de tous. Chacun souhaite que le réalisme économique et écologique lemporte désormais sur dogmes et intérêts catégoriels.
Les revers de fortune qua connus la loi déchets sont à rapprocher de ceux de la loi littoral du 3 janvier 1986. Lassées dattendre le décret sur les estuaires, des associations ont saisi le Conseil dEtat, qui a condamné lEtat à lédicter avant le 1er mars 2001. On lattend toujours !
Là encore, le manque de réalisme des législateurs est flagrant. Indispensables aux activités portuaires, les estuaires ne peuvent pas être soumis à la même loi que les plages. Doù les difficultés de rédaction du texte manquant
Ces affaires serviront-elles de leçon à ceux qui sapprêtent à écrire, dès cet été, de nouvelles pages de la législation française ? Pour quune loi soit applicable, il ne suffit pas quelle soit votée par une large majorité. Encore faut-il quelle propose des solutions réalistes à des problèmes clairement identifiés.