Editorial
Deux vux
Les maires se savaient aimés des Français. Un sondage, réalisé par la SOFRES à notre demande, il y a une année, les faisait même apparaître comme les élus les plus dignes de confiance, très loin en tête du palmarès (1).
Ce quils ignoraient, cest quils étaient aussi aimés par les autres élus. En effet, ils avaient alors le sentiment, notamment dans les petites communes, que lon cherchait surtout à les faire disparaître pour aligner les bases de notre administration locale sur celles de nos voisins européens.
Désormais, tout a changé. Pas un seul homme politique national digne de ce nom qui ne loue les communes, aussi humbles soient-elles, et ne voit dans leurs premiers magistrats, leurs adjoints et les conseillers municipaux les plus ardents garants des valeurs de citoyenneté républicaine.
Le tout dernier Congrès des maires de France, qui vient de se tenir à Paris, a ainsi été le théâtre de belles envolées lyriques, chacun des grands invités venant déposer au pied de lassistance sa gerbe de promesses.
Le premier vux que nous pourrions formuler pour lannée qui commence, ce serait quelles soient toutes tenues.
Le second vux, ce serait quelles le soient avant les élections. Rien ne sy oppose : il y a même, en discussion devant le Parlement, un grand projet de loi, traitant de la démocratie de proximité et devant être adopté définitivement en janvier (2), qui pourrait toutes les accueillir
Elus ou réélus au printemps dernier, les maires sont engagés, avec leur équipe, dans la réalisation de leurs propres promesses. Tache difficile quil ne leur viendrait pas à lidée dabandonner car ils savent que, dans cinq ans, leurs électeurs les jugeront sur leurs réalisations. Et ils auront raison.
Mais, si les Français font confiance aux maires, nest-ce pas, avant tout, parce quils savent pouvoir compter sur eux ?
1) JdM de novembre 2000. 70 % des personnes interrogées ont déclaré faire « plutôt confiance » aux maires, contre 36 % seulement aux députés et 39 % aux sénateurs.
2) Lire le JdM de juillet-août, p. 7.