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Janvier 2005
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Editorial
Solidarité Ici, ce sont des élus qui ont versé leurs indemnités de fonction. Là, ce sont des maires qui ont organisé des collectes. Et, partout, les communes ont fait des dons aux organisations de solidarité et dassistance. Face au drame qui, le 26 décembre, a frappé les côtes de huit pays de locéan Indien, la solidarité est très forte. Et elle ne doit pas cesser. En effet, après avoir paré au plus urgent, il va falloir reconstruire villes et villages, aider les survivants à retrouver lactivité économique qui était la leur. Sur le long terme, la coopération décentralisée, dans laquelle sinvestissent de très nombreuses communes, va devoir jouer à plein. Cette catastrophe aura mis en lumière, une fois de plus, le manque relatif de réactivité des grands Etats et des organisations internationales. Alors que les images du drame nous parvenaient en temps réel, il aura fallu attendre de longs jours avant quhélicoptères, navires de secours et hôpitaux de campagne ne soient dépêchés sur place en nombre suffisant. Si - même avec des dispositifs dalerte sophistiqués - la communauté humaine naura jamais les moyens de se prémunir totalement contre les grands cataclysmes, elle pourrait faire beaucoup mieux pour en réduire les dramatiques bilans. De ce point de vue, la création dun réseau humanitaire dintervention rapide, capable dagir sans délai en tout point du globe, ne devrait plus être de lordre de lutopie. Les sociétés de Croix-Rouge, les sapeurs-pompiers et les services de santé des armées, présents dans tous les pays du monde, peuvent en constituer lossature. Plus compliquée sera la mise en place, dans chaque Etat, de structures politiques capables daffronter ladversité. Au-delà des cadavres, les images les plus insoutenables que nous ayons pu voir ne furent-elles pas celles de populations affamées, livrées à elles-mêmes, se battant autour des hélicoptères acheminant les premières rations alimentaires ? Ces images nous ont rappelé des souvenirs tout récents, lorsque de grandes zones du territoire français furent frappées par les inondations et les ouragans. Chacun alors avait souligné le rôle capital joué par les maires et les conseillers municipaux dans lorganisation des secours. Si le bilan final ne fut pas plus dramatique, ils y furent pour beaucoup. Le modèle de gestion territoriale de la France, avec sa multitude de petites communes, nest pas aussi obsolète que certains voudraient nous en persuader. Pour faire face aux situations durgence, lui aussi mériterait dêtre exporté. Jean Bourdelle |
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