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Février 2005
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Editorial
Boule de cristal La plupart des régions viennent dadopter leurs budgets primitifs pour 2005. Et, comme il fallait sy attendre, elles ont très fortement augmenté leur fiscalité pour faire face aux compétences que lActe II de la décentralisation leur a conférées. Confrontés aux mêmes problèmes, de nombreux départements suivent leur exemple. Au-delà des polémiques politiques que suscitent de telles augmentations, il y a une réalité toute simple. Par leur proximité avec les usagers des services et des infrastructures, les élus des collectivités locales ne peuvent pas se borner à faire aussi bien que lEtat : ils doivent impérativement faire mieux ! Or, les compensations financières quils vont recevoir ne sont pas calculées sur cette base-là. Prenons les routes nationales dont héritent les départements. Qui soutiendra raisonnablement que les conseils généraux doivent se borner à copier le ministère de lEquipement ? Et même si, avec une gestion optimisée, ils parviennent à quelques gains de productivité, cela ne suffira pas à financer les dépenses dinvestissement et de fonctionnement quils doivent engager. Le transfert aux régions des dessertes locales SNCF (les TER) montre bien la profondeur du piège (lire ci-contre). Et nous pourrions citer dautres exemples issus des évolutions législatives antérieures : lycées, collèges, dépenses sociales pour les personnes âgées ou pour les bénéficiaires du RMI Jamais les gouvernements successifs nont compensé la totalité des charges dont ils ont gratifié généreusement les collectivités territoriales. Reste quaujourdhui, et par rapport aux périodes antérieures, nous venons de franchir un seuil dun tout autre niveau, qui va avoir des effets directs sur léchelon communal. Dores et déjà, en de nombreux endroits, les maires des petites communes se voient signifier quils ne doivent plus compter sur les subventions des régions et départements. Simultanément, ils sont confrontés au chantage de La Poste et à celui des opérateurs de téléphonie (fixe et mobile associés) qui leur demandent de financer des services indispensables à la vie de leurs administrés et des entreprises. Pour être complet, ajoutons à cela les réformes engagées de la taxe professionnelle et du foncier non bâti qui les placent dans la plus grande incertitude sur le devenir de leurs recettes propres. Sans parler des délocalisations dactivités industrielles qui, du jour au lendemain, peuvent transformer leur territoire en désert économique. Alors quils élaborent leur budget prévisionnel 2005 et quils lancent les grands chantiers de leur mandat, de nombreux maires peuvent faire un amer constat : gérer les finances communales sapparente désormais à un exercice qui relève de la science divinatoire. A lécharpe, il conviendrait dadjoindre la boule de cristal et le marc de café Jean Bourdelle |
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