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Avril 2005
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Editorial
Solidarité ? Sil est une valeur humaine essentielle, cest bien la solidarité. Aussi, lidée de lui consacrer une journée de travail nest-elle pas mauvaise en soi. Née après la canicule et la mort de plus de 15 000 personnes âgées, elle sest imposée comme une évidence. Restait à trouver la journée. Vu de Paris, le lundi de Pentecôte a paru faire laffaire. Cétait méconnaître les traditions provinciales qui font se multiplier, ce week-end-là, grandes ferias et tournois sportifs. Il fallut donc accorder des dérogations et offrir le choix entre lundi de Pâques et lundi de Pentecôte. Jusque-là, pas de problème. Cest lors du passage à lacte que lon comprit quil y avait un piège caché. Dans le Gard et quelques autres contrées, on a fait ainsi la cuisante expérience dun lundi de Pâques tout à la fois travaillé et chômé. Si les cantines et les cars de ramassage scolaires furent mis à la disposition des élèves, ceux-ci oublièrent massivement daller à lécole. Un beau gaspillage de denrées et de carburant. Quant aux salariés, ils suivirent lexemple des enfants car les fêtes pascales donnent lieu à de grandes réunions familiales qui, soit dit en passant, sont la base de solidarités essentielles aux personnes âgées ! Cette calamiteuse expérience fait craindre le pire pour le lundi de Pentecôte. Quoi quil en soit, on sait dores et déjà que la suppression de ce jour de congé va coûter cher aux collectivités locales puisque celles-ci vont offrir leurs services un jour de plus sans recettes supplémentaires ! Philippe Laurent, maire de Sceaux et président de la commission des finances de lAMF, sest livré au calcul. Résultat : environ 90 millions deuros de charges supplémentaires, soit près de 0,3 % dimpôt direct local en plus. Et lélu de rappeler que, lors de sa présentation devant le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, la proposition du gouvernement avait reçu un avis négatif à lunanimité des élus et des organisations syndicales. Philippe Laurent a limité ses évaluations au périmètre des communes. Nous pourrions y ajouter le manque à gagner pour tous les secteurs du tourisme. Nous pourrions aussi calculer combien de jours supplémentaires il faudrait faire travailler ceux qui travaillent déjà pour combler tous les déficits des organismes sociaux, déficits découlant directement du poids de plus en plus lourd du chômage Mais est-ce en procédant ainsi que lon ferait progresser la solidarité ? Jean Bourdelle |
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