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Septembre 2004
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Vous avez dit péréquation ?
Désormais entré dans la Constitution, le mot péréquation est au hit-parade des débats politiques. Après les transferts de charges qui caractérisent lacte II de la décentralisation, il est au centre des travaux préparatoires à la réforme de la taxe professionnelle. Il est également au cur des enjeux découlant de louverture à la concurrence des services publics : poste, téléphone ou électricité. Et, partout, la péréquation paraît sérieusement menacée. Si lon en croit les études récentes du Commissariat général du Plan, les dotations de lEtat auraient pourtant permis, au cours de la dernière décennie, daméliorer la péréquation. De 1994 à 2001, par exemple, le taux de réduction des inégalités serait passé de 34 à 40 % pour les communes. Pour les départements, il aurait progressé de 43 à 51 %. A y regarder de plus près, on saperçoit toutefois que les écarts de ressources, impôts locaux et dotations additionnées, nont toujours pas fondus entre les collectivités les plus riches et les collectivités les plus pauvres. A un bout de la table, 1 % des communes disposent en moyenne de 7 403 euros par habitant et par an, contre 168 euros pour les 1 % situées à lautre extrémité. Et la péréquation ne doit pas être observée sous sa seule dimension financière. Dans les communes riches, il est rare que les maires aient à se battre pour lépicerie et le bureau de poste, pour le médecin et linfirmière, pour le téléphone mobile et lInternet haut débit, pour lécole et les transports Dénormes inégalités humaines existent ainsi entre les élus en charge des collectivités structurellement défavorisées et ceux qui disposent de budgets confortables. Laisser saggraver cette situation serait renoncer à laménagement équilibré du territoire. LEtat moderne a été créé pour réduire les handicaps nés de la géographie et de lhistoire. Si, au nom du principe de subsidiarité, il est souhaitable que les problèmes locaux soient traités localement, il est tout aussi indispensable que lEtat prenne le relais lorsque les moyens locaux, non seulement financiers mais aussi humains, ne peuvent suffire. Il serait quand même paradoxal que, après avoir intégré la Constitution, la péréquation séclipse peu à peu de la scène économique ! Jean Bourdelle |
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