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Juillet-août 2004
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Précaution et concurrence
Nous ne savons toujours pas quelles précautions les élus devront prendre pour respecter le principe du même nom, désormais presque inscrit dans la Constitution. Peut-être tout simplement devront-ils éviter de se présenter aux suffrages des électeurs. Sage précaution ? Pas si sûr, vu que lesdits électeurs, au fil des scrutins, sont de moins en moins nombreux. Encore deux ou trois élections européennes et il y aura plus de candidats que dinscrits, ce qui réduira à zéro le risque dune humiliante défaite. Dans les plus petites communes, les maires, perplexes, ont dailleurs constaté que le nombre de panneaux daffichage réglementaires dépasse désormais celui des votants ! Quelles conclusions en tirer ? Que lEurope telle quelle se construit ne mobilise pas les foules ? LEurope, justement, il en est question dans les pages suivantes de ce numéro. Si elle ne développe pas les valeurs civiques, au moins dicte-t-elle sa loi. Par exemple en exigeant la mise en concurrence dans tous les domaines. Vertueuse, la concurrence ? Voilà bien longtemps quelle existe dans le logement, où cohabitent dérégulation, loi du marché et avantages fiscaux. Or, cest la crise. Presque aussi grave que dans les années 1950, disent les spécialistes. Des hausses vertigineuses sont enregistrées partout, et principalement dans les grandes villes. Vertueuse, la concurrence ? Qui dira quelle fonctionne correctement dans le domaine des délégations de services publics, où les commissions dappels doffres nont souvent quune vraie enveloppe à ouvrir (ce qui nempêche pas les grands acteurs privés dy enregistrer dabyssaux déficits ). Vertueuse, la concurrence ? Mais alors pourquoi, dans tous les pays européens où le marché de lélectricité est déjà libre, les industriels payent-ils le kilowattheure plus cher quen France ? Au fait, si la concurrence était aussi vertueuse que le prétendent les institutions européennes, aurait-on encore besoin délus pour élaborer des politiques économiques et sociales ? Pour soccuper déducation et de transport ? Pour protéger les milieux naturels ? Pour assurer au dernier Aveyronnais de lAubrac les mêmes services publics de base quau premier des Corréziens de Paris ? Sur ce terrain-là, vive la concurrence entre élus ! Y compris sans précautions superflues. Cest elle seule qui ramènera les électeurs aux urnes. Jean Bourdelle |
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