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Février 2004
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Trop simpliste ?
Certains dentre vous ont peut-être encore en mémoire lappel de labbé Pierre, lancé le 1er février 1954 sur les ondes de Radio-Luxembourg, au cur dun hiver qui tuait les sans-abri : "Mes amis, au secours !" A lépoque, la France se relevait à peine de la guerre et il manquait 4 millions de logements. Cinquante ans plus tard, il y a toujours 2 ou 3 millions de personnes mal logées ou en attente dun logement (1). Et labbé, depuis lesplanade du Trocadéro, le 1er février 2004, a de nouveau exhorté les Français à secourir les plus pauvres : "Que sont la liberté, légalité, la fraternité, sans la dignité ?" Toutes les associations dentraide en témoignent : elles nont jamais assisté autant de nécessiteux. Les chiffres, dans leur sécheresse, mesurent la profondeur du fossé qui se creuse de mois en mois : plus de 1,1 million de Rmistes, près de 2,5 millions de chômeurs, plus de 6 millions de bénéficiaires de lun des huit minima sociaux, sans doute 4 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (2) Cet énorme fardeau social freine tout progrès. Le fait quune part de plus en plus grande de la population ne travaille pas représente un manque à gagner et un handicap pour lensemble de la collectivité. Les maires le savent, ceux qui disposent dun CAS comme les autres : largent et lénergie dépensés pour venir en aide aux plus démunis manquent cruellement pour réaliser les projets économiques, sociaux et culturels dont lensemble de la population a besoin. Cela nous ramène au problème du logement. Pourquoi lEtat ne lancerait-il pas un grand programme de logements sociaux, comme il le fit dans les années 1960, alors que le pays était infiniment moins riche ? La faible rémunération actuelle des livrets A devrait permettre à la Caisse des dépôts (3) de prêter à des taux très bas aux offices HLM. Cela créerait des emplois qui viendraient à leur tour alléger la charge sociale du chômage et de lexclusion (4) Est-ce trop simpliste ? J.B. (1) Le manque de logements ne frappe pas seulement les plus démunis. Dans les grandes villes, ce sont les jeunes, dans leur majorité et y compris les cadres, qui ne trouvent plus à se loger correctement. (2) Fixé par lINSEE à 579 euros par mois pour une personne seule. (3) Est-il normal que largent de la Caisse des dépôts serve aujourdhui massivement à refinancer des entreprises privées ? Comment se fait-il que les banques nassument pas ce rôle ? (4) Voir p. 46 la charte signée entre la communauté dagglomération dijonnaise et les entreprises du BTP pour favoriser la formation et lembauche des jeunes en difficulté à loccasion des grands chantiers locaux. |
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