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Avril 2004
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Le temps des incertitudes
Les élections régionales et les élections cantonales sont passées. De nouvelles assemblées territoriales sont sorties des urnes. Le moins que lon puisse dire, cest quelles nincarnent pas les rêves de la majorité parlementaire et gouvernementale. Ce nest pas la première fois quil en est ainsi dans la vie démocratique. Par contre, cest la première fois quun tel renversement de tendance se produit alors même que le Premier ministre sapprêtait à accroître substantiellement les pouvoirs des conseils régionaux et généraux (1). Lors de sa déclaration de politique générale, le 6 avril devant les députés, Jean-Pierre Raffarin est resté discret sur lacte II de la décentralisation. Et, si une concertation est en cours entre les présidents des régions peu pressés dhériter de charges mal compensées et le Gouvernement, nul ne sait, à lheure où nous écrivons, si elle va durer un jour, un mois ou un siècle. Nul ne sait non plus ce quil va advenir de la réforme annoncée de la taxe professionnelle, alors quil sagit là de la ressource la plus importante des communautés de communes (et de bien des communes) (2). Cest le moment que choisit Bercy pour feindre de découvrir que la situation économique de la France saggrave de jour en jour (1 000 milliards deuros de dette, un déficit public supérieur à 4 % du produit intérieur brut) et que la reprise économique nest pas au rendez-vous Simultanément, les nuages samoncellent sur les services publics, en particulier en milieu rural où louverture à la concurrence fait disparaître peu à peu les bénéfices des péréquations (on lira à ce propos, en page 6, le Manifeste de toutes les associations délus). Or, pour les équipes municipales arrivées à mi-mandat, le temps qui reste pour tenir les promesses électorales est désormais mesuré. Pourront-elles encore compter sur les subventions de la région et du conseil général ? Que vont devenir celles des ministères ? Doivent-elles, pour parer au plus urgent, réorienter leur action pour préserver, coûte que coûte, les services essentiels à la vie sur leur territoire ? Mais, en repoussant leurs investissements, ne vont-elles pas aggraver plus encore la situation économique locale ? Il fut un temps béni où les élections, sans résoudre les problèmes, levaient au moins les incertitudes sur lavenir immédiat. Il est derrière nous. J.B. (1) Par respect pour les électeurs, et avant de les appeler aux urnes, peut-être aurait-il fallu leur dire de quoi exactement les futurs élus allaient soccuper ! (2) Lire la déclaration commune des associations délus locaux, page 10 de ce numéro. |
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