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Novembre 2003
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Editorial
Dabord, faire le ménage ! Le « plan dépendance » du gouvernement, en faveur des personnes âgées et des handicapés, est désormais connu. Elaboré dans lurgence, à la suite des drames de lété, il consiste principalement à demander aux salariés de travailler un jour de plus dans lannée pour financer la construction de 200 maisons de retraite et pour consolider le versement de lallocation personnalisée dautonomie (APA). Au total, ce sont 9 milliards deuros qui devraient être ainsi mobilisés sur quatre ans. Ces mesures seront soumises au Parlement au cours du premier trimestre de lan prochain, et elles pourraient sappliquer immédiatement. Dans cette hypothèse, le lundi de Pentecôte 2004 ne serait plus férié pour les salariés du secteur public. Est-ce la bonne solution ? Depuis août, de nombreux témoignages ont été publiés dans les journaux sur les conditions de vie des personnes âgées dans les maisons de retraite et sur la gestion de celles-ci (1). Ils sont accablants et justifieraient au minimum quune commission denquête parlementaire se saisisse du problème. Comment expliquer, en effet, que, même avec des prix de pension très élevés, les prestations dun grand nombre détablissements soient aussi médiocres, les personnels aussi peu nombreux et sous-qualifiés ? Chaque maire le sait, notre pays manque cruellement de lieux daccueil pour les personnes qui, sans être totalement dépendantes, ont perdu leur autonomie. Cette pénurie engendre de graves abus, dautant moins admissibles quils frappent des êtres humains fragiles, incapables de se défendre. Avant de dépenser un euro de plus dargent public dans ce secteur, il conviendrait dabord dy faire le ménage pour en chasser (et en condamner) les escrocs. Ensuite, pourquoi ne pas utiliser les fonds de la Caisse des Dépôts (2) pour aider les collectivités locales à financer leurs projets de maisons de retraite ? Ce que propose la Mutualité sociale agricole avec les MARPA peut servir dexemple et être multiplié. Les élus locaux, les structures intercommunales possèdent de réelles compétences pour gérer ce dossier au meilleur coût économique et social. La décentralisation, acte II, ne soulève pas lenthousiasme ? Voilà une belle occasion de la relancer. J.B. |
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