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Editorial
Politique et éthique Daniel Hoeffel a raison. Les élus, dont la légitimité est fondée sur le suffrage universel direct, ne doivent pas être soumis en permanence à la menace dun référendum. « Il y a un temps pour la consultation et la concertation et un temps pour la décision, et celle-ci ne se partage pas », a souligné le président de lAssociation des maires de France (1). Daniel Hoeffel a mille fois raisons. A deux conditions. Premièrement, que les élus aient clairement exprimé leurs intentions avant le scrutin et quil ny ait donc pas de doute sur celles-ci parmi les électeurs. Deuxièmement, quils ne tournent pas le dos à leurs promesses. Doù la nécessité absolue dun programme aussi précis que possible. Il ne sagit pas dexiger de chaque candidat quil énumère tous les faits et gestes quil va accomplir durant son mandat. Par contre, sil se prononce en faveur de grands équipements, pour des changements de gestion des services publics ou pour une modification des aides sociales, il est indispensable quil le dise et lécrive clairement. Cette règle éthique doit sappliquer à tous les niveaux de la vie politique, du conseil municipal jusquau sommet de lEtat. Elle seule peut donner aux élus majoritaires une totale légitimité à agir. Si, dans la plupart des communes, le contrat moral est respecté, force est de constater que, au niveau de lEtat, depuis au moins deux décennies, les programmes politiques ont été trop souvent remplacés par quelques vagues formules imaginées par les conseillers en communication. Cela peut permettre dêtre élu. Cela ne permet pas déchapper à la contestation. Cette dernière devient même, à son tour, tout à fait légitime dès lors que lélecteur a le sentiment dêtre trahi. Dans ce cas, le seul moyen de redonner tout son sens au mot démocratie, cest de retourner devant les urnes. Le référendum devient alors un outil précieux. J.B. |