Dossier : Fonction publique territoriale
Le personnel,
grand oublié ?
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Editorial
Le courage des aveux
Gouverner, dit-on, cest prévoir. Cest surtout voir. Simplement voir. Ouvrir les yeux sur ce qui va et sur ce qui ne va pas. Chercher des solutions. Ecouter distraitement ceux qui, tout autour de vous, pensent que vous êtes beau et intelligent. Prêter une oreille attentive à ceux qui pensent que vous pourriez mieux faire si vous nétiez point aussi mal entouré
Beaumarchais le fait dire à Figaro : « Sans liberté de blâmer, il nest point déloge flatteur. » Blâmons donc.
Blâmons le Premier ministre. Comment na-t-il pas vu, dès lété dernier et bien avant la guerre, chuter la croissance et grandir les déficits publics ? Comment a-t-il pu bâtir toute la loi de finances 2003 sur des hypothèses économiques auxquelles nul ne croyait plus ? Mystère.
Et flattons-le. Lhomme est pragmatique, près des réalités du terrain, bon connaisseur des collectivités locales et de la vie de province, soucieux de ne pas décider avant davoir pesé le pour et le contre, au point de donner parfois limpression de limmobilisme. Quel que soit le nombre de flatteurs qui lentourent, il finit toujours par percevoir la réalité.
A propos de la situation économique, le 31 mars, lors dun déplacement à Clermont-Ferrand, il ny est donc pas allé par quatre chemins : « Nous sommes face à une rupture de croissance comme nous nen avons jamais vu dans notre histoire récente », a-t-il admis.
Reste à en tirer les conséquences. Et à faire adopter une loi de finances rectificative qui amputera sévèrement les crédits déjà promis, faute de pouvoir laisser filer les déficits trop loin du cadre fixé par le traité de Maastricht.
Voilà les collectivités locales prévenues. Alors quelles viennent tout juste de boucler leurs budgets, elles doivent sattendre à des reports de subventions, sinon de dotations
Ce sont leurs propres projets qui vont être remis en cause. Et il va falloir quelles sen expliquent.
Dans les textes décentralisateurs présents et à venir, ce cas-là na pas été prévu. Suggérons donc une nouvelle réforme de la Constitution qui obligerait le Premier ministre à venir dire aux citoyens de chaque commune touchée par des réductions de crédits dEtat que, coupable de navoir point tenu compte de la réalité, cest bien lui seul qui en porte la responsabilité.
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